1. Qu’est-ce qu’une instruction de travail ?
Une instruction de travail est un document ou un support qui décrit de manière précise comment réaliser une opération donnée.
Elle est généralement plus concrète qu’une procédure.
La procédure explique ce qui doit être fait et selon quelles règles.
L’instruction de travail explique davantage comment réaliser concrètement l’opération.
Par exemple :
Procédure :
Contrôler la conformité de la pièce après usinage.
Instruction de travail :
- Positionner la pièce sur le support.
- Vérifier le diamètre avec l’instrument indiqué.
- Comparer la mesure avec la tolérance définie.
- Enregistrer le résultat du contrôle.
- Isoler la pièce en cas de non-conformité.
Cette distinction est importante : une instruction de travail doit être suffisamment précise pour accompagner l’action de l’opérateur.
Dans le domaine de la sécurité, le Code du travail prévoit d’ailleurs que la formation à la sécurité porte notamment sur les comportements et gestes les plus sûrs ainsi que sur les modes opératoires ayant une incidence sur la sécurité.
L’INRS recommande également que les modes opératoires soient validés avant la mise en exploitation et que les informations et consignes destinées aux opérateurs soient disponibles et tenues à jour.
2. Que doit contenir une bonne instruction de travail ?
Une instruction efficace ne se mesure pas à sa longueur, mais à sa capacité à transmettre les bonnes informations au bon moment.
Elle doit aller à l’essentiel : les étapes clés, les points de vigilance et les informations dont l’opérateur a réellement besoin pour réaliser la tâche correctement et en toute sécurité. Pour construire une fiche claire, utile et facilement exploitable sur le terrain, cinq étapes simples permettent de structurer efficacement son contenu : 5 étapes pour une fiche d’instruction de travail vraiment utile.
1. L’objectif de l’opération
Commencer par identifier clairement ce qui doit être réalisé.
Exemple :
« Réaliser le montage du composant X sur l’ensemble Y. »
2. Le matériel nécessaire
Indiquer les outils, machines, équipements ou consommables nécessaires.
3. Les équipements de protection
Lorsque l’opération présente des risques, les équipements de protection et les précautions nécessaires doivent être clairement indiqués.
L’employeur doit notamment mettre en place les mesures nécessaires à la sécurité et à la protection de la santé des travailleurs, parmi lesquelles figurent l’information et la formation — voir l’article L4121-1 du Code du travail.
4. Les étapes de réalisation
C’est le cœur de l’instruction.
Chaque étape doit être suffisamment précise pour éviter les interprétations.
5. Les points de contrôle
Une bonne instruction ne dit pas uniquement quoi faire, mais également quoi vérifier.
Par exemple :
« Vérifier que le couple de serrage est compris entre X et Y Nm. »
6. Les situations particulières
Que faire en cas d’anomalie ?
Que faire si la pièce n’est pas conforme ?
Quand faut-il arrêter l’opération ?
Qui faut-il prévenir ?
Ces informations peuvent être essentielles, notamment lorsque l’opération comporte des risques.
7. Les informations de version
Une instruction doit pouvoir être identifiée et mise à jour.
Il faut donc pouvoir assurer le traçabilité de :
- sa version ;
- sa date de mise à jour ;
- son responsable ;
- son statut de validation ;
- éventuellement les modifications apportées.
L’ISO 10013:2021 fournit justement des recommandations concernant l’élaboration et la mise à jour des informations documentées nécessaires à un système de management de la qualité efficace.
3. Une instruction doit décrire le travail réel
C’est probablement le point le plus important.
Une instruction peut être correcte sur le papier et pourtant être inutilisable sur le terrain.
Pourquoi ?
Parce qu’entre le processus théorique et la manière dont l’opération est réellement réalisée, il peut exister des différences.
L’opérateur expérimenté connaît par exemple :
- les difficultés qui apparaissent régulièrement ;
- les erreurs à éviter ;
- les signes qui permettent de détecter un problème ;
- l’ordre le plus efficace pour réaliser certaines étapes ;
- les contrôles à réaliser ;
- les adaptations nécessaires selon les situations.
Ces informations constituent une partie du savoir-faire industriel.
L’INRS insiste sur l’importance de prendre en compte le contexte réel du poste et les contraintes auxquelles les opérateurs sont confrontés lors de la conception des instructions.
La première étape pour créer une bonne instruction n’est donc pas nécessairement de commencer à écrire.
C’est plutôt de regarder comment le travail est réellement réalisé — le point de départ de Capter et structurer dans Le Beau Geste.